Pourquoi les aides AII wallonnes deviennent plus durables ET plus compétitives
Les chiffres montrent que le nombre de demandes AII en 2025 était plus élevé que jamais, mais aussi qu'il devient de plus en plus difficile pour les agriculteurs d'obtenir effectivement une subvention. Comment l'expliquer ? Et quel rôle joue l'innovation dans cette histoire ?
Notre secteur agricole est soutenu par la politique agricole européenne. En Flandre, cela se fait via le VLIF (Vlaams Landbouwinvesteringsfonds = Fonds flamand d'investissement agricole), en Wallonie via l'AII (Aides à l'Installation et aux Investissements). Étables, reprises d'entreprises, machines, énergie renouvelable, stockage d'eau… Des coûts d'investissement indispensables pour les agriculteurs, mais qui peuvent aussi s'avérer très élevés. L'AII vient les soutenir dans cette démarche. Il n'est donc pas étonnant que de nombreux entrepreneurs du secteur tentent leur chance et soumettent un projet, dans l'espoir de recevoir un soutien.
Plus de demandes, moins d’heureux élus
Le nombre de demandes d'aides AII augmente d'année en année, y compris les demandes d'aide à la reprise (par exemple de jeunes agriculteurs qui reprennent une exploitation). C'est positif, car cela montre qu'en Wallonie, la motivation d'exercer le métier d'agriculteur reste bien présente. Alors que les demandes et approbations d'aides dites à l'installation suivent chaque année plus ou moins la même tendance croissante, on observe une autre dynamique du côté des aides à l'investissement. En effet, davantage de demandes ont été introduites (2 060 au total), mais à peine 897 d'entre elles ont été approuvées. En 2024, on comptait encore 1 866 demandes, dont 1645 avaient reçu une réponse positive. La probabilité d'obtenir une aide à l'investissement est donc passée de 88 % en 2024 à tout juste 43 %.
La durabilité augmente les chances de succès
Quelle en est l'explication ? D'une part, le budget consacré aux aides à l'investissement en 2025 était inférieur à celui de l'année précédente (un peu plus de 20 millions d'euros). Il y avait donc moins à répartir, mais aussi beaucoup plus de candidats. D'autre part, les critères de sélection ont été relevés. Là où les aides à l'investissement visaient autrefois principalement à accroître la productivité, la Wallonie met désormais davantage l'accent sur l'environnement, le climat, le bien-être animal, les économies d'énergie et d'autres aspects liés à la durabilité. Les projets ayant un lien avec ces thématiques ont donc bien plus de chances d'être sélectionnés. Les jeunes agriculteurs et les agriculteurs biologiques bénéficient également d'une priorité. Par ailleurs, la réforme structurelle du système permet un gain de temps, mais engendre aussi une concurrence accrue entre les demandeurs. Ce même accent sur les investissements durables se retrouve d'ailleurs dans le VLIF.
Des opportunités pour l’innovation
Cette nouvelle approche place l'innovation de plus en plus haut dans l'agenda. Pensez à l'agriculture de précision, la fertilisation variable, le GPS, les capteurs, l'irrigation intelligente, les systèmes d'IA, les robots… Tous ces outils augmentent non seulement l'efficacité de l'agriculteur, mais aussi ses chances d'obtenir une aide à l'investissement. Cette médaille a bien entendu son revers. Le prix de ces technologies est généralement assez élevé, ce qui les rend difficilement accessibles aux agriculteurs qui ne sont pas sélectionnés pour la subvention. C'est donc dans la recherche de cet équilibre que résident également des défis pour le secteur de la construction de machines et d'étables.
Curieux de connaître les chiffres de Flandre (VLIF) ? Ils seront disponibles dans le courant du mois de juin.